Le cas NETFLIX 01 – 02/04

2 avril 2024

Journal

Nous proposons pour notre premier sujet d’étude l’analyse des impacts de la plateforme NETFLIX sur notre inconscient préréflexif.

A travers la tentative d’une exploration des effets de ce média sur notre appareil cognitif, nous tenterons de dégager une méthodologie innovante d’analyse tout en essayant de définir ce que nous entendons par inconscient préréflexif.

Commençons par les informations évidentes. La plateforme NETFLIX est un outil digital qui permet l’accès immédiat à un grand nombre d’œuvres audiovisuelles qui peuvent être classées selon plusieurs formats : les films, les séries, les documentaires et les mangas.

Certains considèrent la plateforme comme un média qui a révolutionné la consommation et la production des œuvres audiovisuelles.

Comment donc analyser l’impact de Netflix sur notre consommation de films et de séries ? Nous pourrions tout d’abord analyser les consommations moyennes d’œuvre audiovisuelles avant et après l’arrivée de Netflix.  Nous verrions surement une augmentation mais ce n’est pas une analyse quantitative qui nous intéresse ici mais l’analyse de ce qui nous pousse à augmenter notre consommation d’œuvre sur Netflix au profit d’une autre.

Nous pouvons imaginer que Netflix remplace simplement un autre media tel que la Télévision. Nous pouvons supputer que nous passons autant de temps devant l’écran qu’avant et que seul le programme a changé.

Pourtant lorsque je regarde Netflix, je n’ai pas l’impression de regarder la télévision. La télévision est allumée et je peux ne pas la regarder. Nous ne pouvons pas choisir le programme de la télévision. Il nous est proposé. Lorsque la télévision est allumée, nous zappons et cela ne correspond pas forcément à ce que nous voulons voir.  La télévision est une aventure dans une certaine mesure. La découverte d’un inconnu.  Que nous pouvons décider de regarder ou non.

La télévision est souvent allumée comme un bruit de fond. Certains aiment l’avoir à table comme un endroit où l’on peut s’échapper. Rien de tout cela devant Netflix.

Nous choisissons les programmes selon plusieurs algorithmes.

Le premier, ce sont les succès du moment. Nous savons toujours quels sont les programmes qui sont les plus regardés dans la semaine. Nous avons un indice puissant de ce que tout le monde regarde en priorité.

De plus, nous avons un algorithme qui classe les films et les séries par rapport à ce que l’on aime le plus.

Dans ce fonctionnement efficace, NETFLIX nous indique deux phénomènes importants dans l’usage d’un objet technique :

Le rapport que j’entretiens avec l’objet est intimement lié

  • Au rapport de cet objet avec les autres humains.
  • Au rapport que j’entretiens avec les autres objets.
  • Au rapport de cet objet avec les autres objets

Le premier rapport peut s’appeler la valeur sociale de l’objet. Comment se situe l’objet par rapport aux autres ? A partir de cette dimension, je peux moi-même me positionner par rapport à la société.

Je peux aimer de regarder par exemple les plus grands succès dans un souci de désir mimétique. Ou au contraire, je peux privilégier les œuvres peu regardés dans une visée de distinction.

NETFLIX m’offre la possibilité immédiate de me positionner dans le schéma d’usage social de l’objet technique.

De la même façon, il me permet de situer l’objet par rapport aux autres objets que j’ai déjà consommé et valorisé. Je peux le comparer par avance à partir de critères qui me sont fournis par NETFLIX pour apprendre à connaitre mes gouts dans une interface qui collecte mes données.

Je peux savoir que je regarde plutôt des films que des séries, plutôt humoristique que d’horreur, plutôt historique que contemporaine.

Nous pouvons nous interroger sur le principe que ce que j’ai regardé conditionne ce que j’ai envie de regarder. Comme si le passé détermine le futur. Je pense personnellement que c’est une limite de l’algorithme mais nous ne voulons pas ici critiquer la plateforme mais plutôt montrer ce que le succès de la plateforme révèle de notre fonctionnement.

Enfin, la plateforme classe les œuvres selon des catégories générales (type, genre, age,  ..) qui permet de les regrouper et les comparer entre elles.

Le présupposé est simple. Si la plateforme fonctionne c’est qu’elle répond à nos attentes.

D’une manière ou d’une autre, nous formulons l’hypothèse que NETFLIX donne d’une manière immédiate, directe ce que nous attendons d’habitude de manière indirecte et médiate des autres objets.

Par exemple, nous pouvons imaginer que nous analysons toujours la valeur sociale d’un objet. C’est quelque chose de non réflexif. Lorsque je vois une marque. Je sais ce qu’elle révèle en moi de façon immédiate. A quel type de groupe social elle s’adresse.

Note pour plus tard, analyser la dimension cognitive des marques à partir de la valeur sociale qu’elles révèlent.

De la même façon ; l’objet que j’ai devant moi s’insère dans un champs de préférence individuelle liée à une histoire, des gouts, une sensibilité particulière.

Je connais de manière immédiate, instantanée, si j’ai envie de regarder maintenant un film d’horreur ou non.

Nous pouvons utiliser la méthode structurale pour figurer les deux éléments ci-dessus.  Il existe des structures différentielles des dimensions différentes (classe sociale, gout individuel) qu’une œuvre permet de relier dans une diachronie permanente.

Par la consommation d’une œuvre particulière, un sujet se situe dans le collectif et dans son histoire individuelle et personnelle. Cette ouvre peut affirmer ou infirmer un certain gout déjà là et une appartenance à un groupe.

Rien de nouveau ici. Ce schéma est déjà connu.  Pour autant Netflix permet de le rendre immédiat. C’est-à-dire qu’il renforce la possibilité de l’individu à se définir par rapport à un groupe et à connaitre ce qu’il aime.

C’est-à-dire paradoxalement à rendre plus conscient des processus qui ne l’était pas.

 

 

 

 

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